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Histoire

Fort de France

Histoire de Fort de France

Les premiers colons européens se sont d'abord implantés à Saint-Pierre, puis sur le site de Fort-Royal. Fort-de-France n'est devenue la principale ville martiniquaise qu'après la destruction de la Montagne Pelée en 1902.

Fort-de-France est aujourd'hui le chef-lieu de la région-département de la Martinique, peuplée de plus du quart de la population de l'île (400 000 au total).

Parmi les Foyalais célèbres : Aimé Césaire (né en 1913), Maire de la ville de 1945 à 2001, un des fondateurs du courant littéraire La négritude; Patrick Chamoiseau (né en 1953), prix Goncourt en 1992 pour Texaco.

Certains sites sont incontournables à Fort de France, tels que ses nombreux marchés : Le grand marché couvert (marché aux épices, rue Antoine-Siger), Le marché aux poissons (Canal Levassor, Boulevard Allègre), Le marché aux fruits et légumes (Boulevard Général de Gaulle).

Les monuments les plus célèbres sont : La Bibliothèque Schoelcher (présentée à l'exposition universelle de Paris en 1889 puis démontée et reconstruite à Fort de France), La Cathédrale Saint-Louis (plusieurs fois détruite et reconstruite, tres belles Grandes Orgues), Le Fort Saint-Louis (forteresse construite au début du XVII° siècle, base en activité de la Marine nationale, que l'on peut visiter). Alors bonne balade sur la carte intéractive...

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Carte

Personnages célèbres - Fort de France

 

"Aimé Fernand David Césaire"

(1913 - 2008)

 

 

Aimé Fernand David Césaire, né le 26 juin 1913 à Basse-Pointe (Martinique), est un poète et homme politique français. Il est l'un des fondateurs du mouvement littéraire la Négritude.

 

Son grand-père était le premier enseignant noir. De 1919 à 1924 il fréquente l'école primaire de Basse-Pointe puis obtient une bourse pour le lycée Victor Schœlcher à Fort-de-France. En 1931 il arrive à Paris pour rentrer en classe d'hypokhâgne au lycée Louis-le-Grand où il rencontre Léopold Sédar Senghor, avec qui il noue une amitié qui durera jusqu'à la mort de ce dernier.

 

Au contact des jeunes africains étudiant à Paris, Aimé Césaire découvre progressivement une part refoulée de son identité, la composante africaine, victime de l'aliénation culturelle caractérisant les sociétés coloniales de Martinique et de Guyane.

 

En 1934, Césaire fonde, avec d’autres étudiants antillo-guyanais et africains, le journal L'étudiant noir. C’est dans les pages de cette revue qu’apparaîtra pour la première fois le terme de « Négritude ». Ce concept, forgé par Aimé Césaire en réaction à l’oppression culturelle du système colonial français, vise à rejeter d’une part le projet français d’assimilation culturelle et à promouvoir l’Afrique et sa culture, dévalorisées par le racisme issu de l'idéologie colonialiste.

 

Le projet de la Négritude est plus culturel que politique. Il s’agit, au delà d’une vision partisane et raciale du monde, d’un humanisme actif et concret, à destination de tous les opprimés de la planète. Césaire déclare en effet : « Je suis de la race de ceux qu’on opprime ».

 

Ayant réussi en 1935 le concours d'entrée à l'Ecole normale supérieure, Césaire commence à écrire le Cahier d'un retour au pays natal, qu'il achèvera en 1938. Il lit en 1936 la traduction de l’Histoire de la civilisation africaine de Frobenius. Epousant en 1937 une étudiante martiniquaise, Suzanne Roussi, Aimé Césaire, agrégé de lettres, rentre en Martinique en 1939, pour enseigner, tout comme son épouse, au lycée Schœlcher.

 

La situation martiniquaise à la fin des années 30 est celle d'un pays en proie à une aliénation culturelle profonde. C'est en réaction contre cette situation que le couple Césaire, épaulé par d'autres intellectuels martiniquais comme René Ménil, Georges Gratiant et Aristide Maugée, fonde en 1941 la Revue Tropiques.

 

Alors que la Seconde Guerre mondiale provoque le blocus de la Martinique par les Etats-Unis, les conditions de vie sur place se dégradent. Le régime instauré par l’Amiral Robert, envoyé spécial du gouvernement de Vichy, est raciste et répressif. Dans les communes, les élus de couleur sont déposés et remplacés par des représentants des békés (descendants des colons). Dans ce contexte, la censure vise directement la revue Tropiques, qui paraîtra, avec difficulté, jusqu’en 1943.

 

Le poète surréaliste André Breton découvre la poésie de Césaire à travers le Cahier d'un retour au pays natal et le rencontre en 1941. En 1943 il rédige la préface de l'édition bilingue du “Cahier d'un retour au pays natal” et en 1944 celle du recueil Les armes miraculeuses, qui marque le ralliement de Césaire au surréalisme.

 

Surnommé "le nègre fondamental", il influencera des auteurs tels que Frantz Fanon, Edouard Glissant (qui ont été élèves de Césaire au lycée Schœlcher). Sa pensée et sa poésie ont également nettement marqué les intellectuels africains et noirs américains en lutte contre la colonisation et l'acculturation.

 

En 1945, Aimé Césaire, soutenu par les élites communistes qui voient en lui le symbole d'un renouveau, est élu maire de Fort-de-France. Son mandat est d'obtenir la départementalisation de la Martinique en 1946. Sa revendication, peu comprise par de nombreux mouvements de gauche en Martinique déjà proches de l'indépendantisme, vise, selon lui, à lutter contre l'emprise béké sur la politique martiniquaise, et pour permettre le développement économique et social de la Martinique.

En 1947 Césaire crée avec Alioune Diop la revue Présence africaine. En 1948 paraît l'Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache, préfacée par Jean-Paul Sartre, qui consacre le mouvement de la “négritude”.

 

S'opposant au Parti communiste français sur la question de la Hongrie, Aimé Césaire quitte le PC en 1956, et fondera deux ans plus tard le Parti progressiste martiniquais (PPM), au sein duquel il va revendiquer l'autonomie de la Martinique.

 

Le développement de la capitale de la Martinique est caractérisé par un exode rural massif, provoqué par le déclin de l'industrie sucrière et l'explosion démographique créée par l'amélioration des conditions sanitaires de la population. La politique culturelle d'Aimé Césaire est incarnée par la création du Service Municipal d'Action Culturelle (SERMAC), qui à travers des ateliers d'arts populaires (danse, artisanat, musique) met en avant des parts jusqu'alors méprisées de la culture martiniquaise.

Son "discours du colonialisme" fut pour la première fois au programme du baccalauréat français en 1998.

 

Césaire restera maire de Fort-de-France jusqu'en 2001. Aujourd'hui Aimé Césaire s'est retiré de la vie politique mais reste un personnage incontournable de l'histoire martiniquaise. Il reste l'un des derniers fondateurs de la pensée négritudiste.

 

 

Aimé Césaire est décédé, le jeudi 17 avril 2008 au matin, au CHU de Fort-de-France, après 8 jours d'hospitalisation.


Son parcours politique :

  • De 1945 à 2001 : Maire de Fort de France (durant 56 ans)

  • De 1945 à 1993 : Député de la Martinique

  • De 1983 à 1986 : Président du Conseil Régional de la Martinique

  • De 1945 à 1949 et 1955 à 1970 : Conseiller général de Fort de France

Ses Œuvres :

  • Cahier d'un retour au pays natal, Paris, Présence africaine, (1939; 1960)

  • Les Armes miraculeuses (1946; Paris, Gallimard, 1970)

  • Soleil cou coupé (1947; Paris, Editions K., 1948)

  • Corps perdu (gravures de Picasso), Paris, Editions Fragrance, (1950)

  • Ferrements, Paris, Seuil, (1960; 1991)

  • Cadastre, Paris, Seuil, (1961)

  • Moi, laminaire, Paris, Seuil, (1982)

  • La Poésie, Paris, Seuil, (1994)

  • Esclavage et colonisation, Paris, Presses Universitaires de France, 1948. Réédition : Victor Schœlcher et l'abolition de l'esclavage, Lectoure, Editions Le Capucin, 2004.

  • Discours sur le colonialisme, Paris, éditions Réclames, 1950 ; éditions Présence africaine, 1955.

  • Discours sur la négritude, (1950).

  • Rencontre avec un nègre fondamental, Entretiens avec Patrice Louis, Paris, Arléa, 2004.

  • Nègre je suis, nègre je resterai, Entretiens avec Françoise Vergès, Paris, Albin Michel, 2005.