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" Raphaël Confiant "
Raphaël
Confiant, écrivain martiniquais, est né en 1951 au Lorrain en
Martinique.
Il fait ses études supérieures à
l'Université d'Aix-en-Provence. Militant de la cause créole dès les
années 1970, il participe avec Jean Bernabé et Patrick
Chamoiseau à la création du Mouvement de la créolité.
Il est aujourd'hui
membre du comité directeur du mouvement Bâtir le pays Martinique.
Ecrivain reconnu tant
en créole qu'en français, il écrit dans les deux langues. Il est
actuellement maître de conférence à l'Université des Antilles et de la
Guyane.
Après avoir publié
cinq livres en créole, Raphaël Confiant termine en 1988 son premier
roman en français, Le nègre et l'amiral. «Tu es enfin un écrivain», le
félicite sa mère, ne se rendant pas compte qu'elle assassine sans le
vouloir dix ans d'engagement littéraire... Dans La Vierge du Grand
Retour, située en 1948, l'Antillais retrouve ses personnages fétiches et
le quartier du Morne Pichevin, sorte de Belleville locale
transformée en cité HLM.
La
Martinique de Confiant est marquée par les plantations, l'esclavage, le
colonialisme et la langue créole. C'est cette Martinique qui connut de
profonds bouleversements au début des années 60 qu'il a choisi de
restituer.
Il se fait remarquer
fin 2006 en publiant des textes dans lesquels il prend acte sans
nullement le condamner du rapprochement opéré par Dieudonné en direction
de Jean-Marie Le Pen et désigne les Juifs comme « Innommables »
puisque dit-il, il est interdit de les nommer sous peine de tomber sous
le coup de la loi.
Bibliographie :
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En Langue Créole :
-
Jik dèyè do Bondyé,
nouvelles, 1979

-
Jou Baré, poèmes, 1981
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Bitako-a, roman, 1985
-
K?d Yanm, roman, 1986
-
Marisosé, roman, 1987
-
Dictionnaires des titim et
sirandanes, 1997
-
En Langue Française :
-
Le Nègre et l'Amiral, roman,
1988, Prix Antigone
L'histoire se déroule aux Antilles,
à l'époque du gouvernement de Vichy
-
Eloge de la créolité, essai,
1989 (avec Jean Bernabé et Patrick Chamoiseau)
Cet essai vise à promouvoir la
culture créole, la richesse de ses expressions, l'originalité
avec laquelle ce peuple s'est approprié la langue française. Les
auteurs raisonnent à partir du concept de 'négritude' établi par
Sédar Senghor : comme lui, ils s'insurgent contre
l'assimilation des Noirs dans la culture blanche, mais ils
jugent la 'négritude' passéiste. Ce qu'ils veulent réaliser,
c'est un véritable métissage.
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Lettres créoles: tracées
antillaises et continentales de la littérature (1635-1975),
essai, 1991
-
Eau de Café, roman 1991,
Prix Novembre
Adossé à l'Atlantique dans une
antique posture de défiance, un village du nord de la
Martinique... Pour ses habitants nègres, blancs ou indiens, la
mer n'est qu'une pourvoyeuse d'ennuis. Reste que, du fin fond de
ses entrailles, peuvent jaillir à n'importe quel moment le
malheur et la dévastation.
Ce village a pour nom Grand-Anse,
où l'auteur a goûté la prime enfance dans la boutique de sa
marraine, Eau de Café, boutique fréquentée par des personnages
hauts en couleur, tous taraudés par la mer : Thimoléon et son
tambour au son rauque, héraut de la négraille : le blanc créole
de Cassagnac, accablé d'une souffrance inavouable : René-Couli,
égorgeur de boeufs à l'abattoir municipal et prêtre hindou.
Haute figure entre toutes, celle d'Eau de Café, femme qui "sait"
mais refuse avec obstination de révéler l'origine de son savoir.
Mystérieuse, enfin, celle de la petite Antilia, enfant "apparue
de nulle part" que les habitants du village croient fille de la
mer, donc maudite.
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Ravines du devant-jour,
récit, 1993, Prix Casa de las Americas
-
Commandeur du sucre, récit,
1993
-
Aimé Césaire, une traversée
paradoxale du siècle, essai, 1993
-
L'Allée des Soupirs, roman,
1994, Prix Carbet
-
Bassin des ouragans, récit,
1994
-
Les maîtres de la parole créole,
contes, 1995
-
Contes créoles, contes, 1995
-
Le Gouverneur des dés,
récit, 1995
-
Mamzelle Libellule, roman,
1995
-
La Savane des pétrifications,
récit, 1995
-
La Vierge du Grand Retour,
roman, 1996
-
La baignoire de Joséphine,
récit, 1997
-
Le Meurtre de Samedi-Gloria
, roman , 1997, Prix RFO
Le corps d’un homme est
trouvé près des latrines de Morne Pichevin, quartier
populaire de Fort-de-France. Le meurtre semble avoir eu lieu le
Samedi de Pâques, Samedi-Gloria aux Antilles, et le fait génère
une enquête qui semble passionner non seulement l’inspecteur
chargé de trouver le coupable mais aussi tous les personnages
proches de la victime. En effet, comme dans tout roman policier,
la victime est une figure importante pour la communauté. Romule
Beausoleil n’était pas uniquement un membre de la communauté de
Morne Pichevin, il était surtout le major du quartier, le
fier-à-bras qui allait devenir champion de damier.
-
L'archet du colonel, roman,
1998
1935. La Martinique s'apprête à
vivre un grand événement : la célébration du tricentenaire du
rattachement des Antilles à la France. Amédée Mauville,
partagé entre son amour pour Ida, négresse mystérieuse, et son
désir d'écrire, découvre l'histoire occultée de son peuple au
travers d'un tableau d'officier napoléonien rapporté de Paris.
L'officier n'est autre que Louis Delgrès, combattant
émérite et fidèle au drapeau tricolore, qui en viendra à
s'opposer par les armes au rétablissement de l'esclavage en
Guadeloupe au début du XIXe siècle.
-
Régisseur du rhum, récit,
1999
A la fin des années 30, à Génipa,
au sud de la Martinique, Pierre-Marie de La Vigerie se
retrouve à la tête de la grande distillerie de Rivière-Salée, la
cathédrale du rhum. La succession de son père, un maître
respecté de tous les ouvriers, s'annonce difficile.
Pierre-Marie sera-t-il un grand
régisseur ? Sans doute, s'il ne sacrifie pas son amour de la
« grappe » au démon de la rentabilité.
Le jeune béké sait aussi que sa
légitimité repose sur un mystère que son père lui a toujours
caché : celui de sa naissance. Une énigme dont tous, autour
de lui, connaissent la clé. Car, comme dit Florius,
l'homme à tout faire de l'usine, « chacun sait que les La
Vigerie, c'est pas des Blancs-Blancs, c'est des kalazaza,
oui ».
Nègres, békés, coulis, mulâtres,
coupeurs et amarreuses, ouvriers et contremaîtres : ils sont les
héros d'une fresque foisonnante commencée par Raphaël Confiant
avec Commandeur du sucre.
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Le Cahier de Romance, récit,
2000
-
Brin d'amour, roman, 2001
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Nuée ardente, récit, 2002
Raphaël Confiant tente de le
ressusciter au travers d'une fresque brûlante où l'on croisera
des personnages aussi hauts en couleur que le négociant Dupin de
Maucourt, le jeune professeur de philosophie mulâtre,
Pierre-Marie Danglemont et sa bande de noceurs, habitués
des bouges de la rue Monte-au-Ciel, le géant Barbe Sale,
Syparis, le maître ès-larcins et l'énigmatique Lafrique-Guinée,
hanté par le souvenir du temps de l'esclavage. D'étonnantes
figures féminines se dégagent de ce récit aux multiples
entrelacements : des femmes-matador telles que Thérésine,
Hermancia ou Mathilde, des femmes-debout comme la
lessivière Marie-Egyptienne ou Rose-Joséphine et surtout
la mystérieuse quarteronne Edmée Lemonière à qui
Danglemont vous une passion débornée qui n'est point payée
de retour.
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La panse du chacal, roman
2004, Prix des Amériques insulaires et de
la Guyane
une histoire passionnante consacrée
à la traversée et à l'établissement des tamouls aux Antilles au
XIXème. Des dizaines de milliers de nos ancêtres qui ont été
amenés à quitter le pays tamoul, pour se lancer dans une
aventure prétendument libératrice et émancipatrice. Un rêve de
sucre d'or attisé par de mécréants recruteurs, et accessible à
quelques jours de bateau seulement...
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Adèle et la pacotilleuse,
roman 2005
Adèle, fille cadette de Victor
Hugo, s'est enfuie en Amérique à la recherche de son amant,
l'officier anglais Albert Pinson. D'Halifax, au Canada, à La
Barbade, dans l'archipel des Antilles, Adèle poursuit un homme
qui n'existe peut-être pas... Son esprit est dérangé et elle
erre sur les quais de Bridgetown, capitale de la Barbade,
lorsqu'elle est recueillie par Céline Alvarez Bàà, sauvée in
extremis d'une déchéance absolue. Céline, solide négresse, est
une pacotilleuse qui parcourt les îles et la terre ferme, de
Saint-Domingue à Carthagène des Indes, de Cayenne à La Havane,
munie de lourds paniers caraïbes où s'entassent colifichets,
miroirs, Bibles, remèdes, tissus chatoyants et farine de manioc.
Se prenant d'affection pour Adèle, elle décide de l'amener à
Saint-Pierre de la Martinique, le "Petit Paris du Nouveau
Monde", puis de la raccompagner en France chez son illustre
père... Comment cette négresse habituée aux coups de vents de la
vie, descendante de conquistadors, de flibustiers et d'esclaves
africains sera-t-elle accueillie par l'auteur des Misérables?
Comment la fragile Adèle aura-t-elle vécu ce passage aux
Antilles et supportera-t-elle son retour au bercail?
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Nègre marron, roman, 2006
Depuis le temps de l'esclavage, le
Nègre de la Martinique n'a jamais cessé de « marronner »,
c'est-à-dire de tenter d'échapper à sa condition, en gagnant les
grands bois, les quartiers plébéiens des bourgs ou même les îles
avoisinantes. Simon, figure principale de ce livre, fut l'un
d'eux. Il connut au XVIIe siècle l'arrivée des premiers esclaves
d'Afrique-Guinée, au XVIIIe l'enfer des plantations sucrières,
au XIXe la fièvre de l'abolition, au début du XXe celle des
grèves marchantes et, à l'aube du XXIe, la cavale des desperados
de la fausse modernité. L'Habitation Grand'Case, où régna neuf
générations durant la famille béké de Beauharnais, est au centre
de ce récit qui se présente comme une fresque, ou plutôt un
bas-relief. Tantôt esclave africain ayant fui dès l'arrivée du
bateau négrier au port de Saint-Pierre, tantôt esclave créole en
rupture de ban, Simon arpente sans trêve les mornes boisés du
Carbet, habité par des rêves fous : retourner au Pays d'Avant,
assassiner son maître, s'échapper vers une île anglaise ou
espagnole, abattre la plantocracie et instaurer le règne de la
classe ouvrière, détruire le pays tout entier ! Il incarne la
Parole inaudible de celui qui n'a pour tout viatique que sa soif
de vivre en toute dignité, par opposition à l'Ecrit des maîtres
blancs, à leurs registres d'économat, leur Bible, leurs actes
paroissiaux, leurs affiches et leurs journaux.
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Trilogie Tropicale, 2006
Originellement paru en trois
parties aux éditions Mille et une nuits (Paris), Trilogie
tropicale est repris pour la première fois en version
intégrale, avec les romans Le bassin des ouragans
(1994), La savane des pétrifications (1995), La
baignoire de Joséphine (1997).
Véritable saga de la société antillaise contemporaine, Confiant
dresse dans ce livre un portrait sans concession des hystéries,
aliénations et démesures insulaires. La seule constante dans ces
récits est le refus de la rectitude littéraire
et l’innovation constante d’une langue qui récuse tout compromis
académique.
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